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Pesang : passeur d’artisanat ethnique

2015-01-11 20:59:41 La Chine au présent

Par LI GUOWEN, membre de la rédaction de la Chine au présent

Une dizaine de femmes travaillent attentivement à l'étage, au grincement des machines à tisser. Les pédaliers s'activent, les navettes semblent des poissons allant et venant entre les fils, la laine s'entrelace entre leurs doigts habiles. Dans la cour, des ouvriers s'occupent d'embobiner la laine filée, de la laver et de teindre les tissus. Il s'agit d'une scène quotidienne dans la Coopérative de tissage ethnique artisanal du bourg de Tsethang, district de Nêdong, située au sud du Tibet dans la préfecture de Shannan.

La sauvegarde des techniques traditionnelles

Âgé de 46 ans et à l'origine peintre de thangka, Pesang est aujourd'hui responsable de la Coopérative. En 2007, lors d'un voyage d'observation, il avait découvert que la culture traditionnelle était bien conservée dans les régions non frontalières, et que l'artisanat ethnique y avait été bien préservé. Inquiet que ces techniques artisanales de tissage du huaji (une sorte de tissu en laine) ne disparaissent, il avait décidé de s'occuper de cet artisanat précieux.

Le huaji en chinois est un produit textile en laine de la meilleure qualité, tissé manuellement et généralement utilisé pour les couvertures, les habits et les écharpes.

En 641, sur ordre du second empereur de la dynastie des Tang, Tang Taizong, la princesse Wenchen (en tibétain Mung-chang Kungco) fut envoyée à Tubo (ancien nom du Tibet) pour se marier avec le Tsenpo (leadeur tibétain) Srong-btsan Sgam-po. L'arrivée de la princesse permit aux tisserands tibétains d'échanger avec ceux qui accompagnaient la jeune altesse. Après le décès de Srong-btsan Sgam-po, Mung-chang Kungco resta vivre dans la vallée de la rivière de Yalong dans la préfecture de Shannan, et c'est à cette période que les techniques de pulu (lainage tibétain) progressèrent beaucoup. En 710, la princesse Jincheng des Tang fut elle aussi envoyée à Tubo pour se marier avec le Tsenpo Kridê Zukzain. Dès lors, l'industrie textile et l'artisanat au Tibet connurent un grand essor, et les techniques de pulu se développèrent d'autant plus. Aujourd'hui, le pulu est non seulement un tissu indispensable à l'habillement et à l'ameublement des Tibétains, mais également la preuve de la continuité de la culture traditionnelle.

Parmi les techniques de pulu existantes, le huaji est la plus complexe, car elle exige des tissus extrêmement fins et doux. Auparavant, seule la haute société avait les moyens d'en acheter. Du fait que cet artisanat n'était maîtrisé que dans le bourg de Tsethang du district de Nêdong, le huaji est également appelé tsetie : « tse » étant l'abréviation de Tsethang, et « tie » représentant le type de tissage, en l'occurrence, le pulu. Le tsetie est donc le pulu tel qu'il est fabriqué à Tsethang. En 2010, celui-ci a été inclus dans le patrimoine culturel immatériel de la région autonome du Tibet. Quatre ans plus tard, Pesang a été lui-même classé parmi les maîtres de l'artisanat du Tibet.

Pour sauvegarder et diffuser les techniques de huaji, Pesang a déployé de grands efforts pour rechercher les héritiers de ce mode de tissage. Il les a invités à produire des outils de tissage, à résumer les processus de fabrication et à former de jeunes apprentis. Ainsi, il a réussi à faire revivre cet art qui était en voie de disparition.

Pesang nous raconte qu'il n'y avait que quelques personnes âgées qui savaient encore filer la laine, technique de base pour fabriquer le huaji. Âgé alors de 83 ans, Ngawang Tsomo représentait la troisième génération de fileurs de sa famille. Il faisait partie des artisans que Pesang avait inclus dans son projet. Au début, Ngawang Tsomo était réticent : il craignait que les jeunes apprentis ne soient découragés par la pénibilité du travail.

« À l'époque, mon unique désir était de préserver cette technique », nous explique Pesang, tout en montrant une photo de lui avec Ngawang Tsomo. Pesang s'était rendu à cinq ou six reprises chez le vieil artisan pour lui faire montre de sa ferme résolution et lui faire comprendre qu'il voulait aider cette artisanat à perdurer. De plus, Pesang avait reconnu Ngawang Tsomo pour maître. Touché par sa sincérité, le vieux bonhomme avait finalement accepté de l'aider.

« Ngawang Tsomo est décédé il y a deux ans, nous apprend Pesang, plongé dans les souvenirs du vieil artisan. Après avoir accepté mon invitation, il était venu vivre à l'atelier et consacrait tout son temps à la formation des apprentis… »

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Aube
Aube

le developement de transport en Chine est vraiement mervailleux!

Muhoza
Muhozainternaute

Salut ! Je suis Burundaise, j'aime beaucoup l'émission du cours de chinois j'ai envi de savoir dialoguer avec quelqu'un le Chinois.

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